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Rando trappeurs de novembre 2005.
Ce week-end du 19 et 20 novembre, nous nous retrouvons à trois pour une balade en direction du refuge d’Arbarétan, à l’extrémité nord de la chaine de Belledonne au dessus de La Rochette. Dans nos sacs, de quoi faire une fondue...
Il est 11h ce samedi matin lorsque nous nous élançons sur le sentier. Le temps est beau, pas de nuages dans le ciel, mais il fait froid, très froid même... Les prairies sont blanches de givre. Nous avons hâte de sortir de la forêt pour enfin trouver le soleil qui nous réchauffera un peu.
La montée est rude au départ mais régulière, nous trouvons rapidement notre rythme. Nous apprécions le calme de cette forêt qui paraît s’être endormie ; ce n’est pas encore l’hiver mais ça y ressemble.
A partir de 1800 m d’altitude, la forêt disparaît peu à peu et le soleil fait son apparition. Le panorama est splendide. Les massifs du Vercors, de la Chartreuse, des Bauges, des Aravis, du Mont Blanc, de la Lauzière et de Belledonne nous entourent ; on ne se lasse pas de regarder cette multitude de sommets et de vallées...
La pause repas elle aussi est appréciée, au soleil mais avec un peu de vent qui nous rappelle que nous ne sommes plus en été. La sieste sera pour une autre fois. Un couple d’aigles royaux nous rend visite en tournoyant au dessus de nous de nombreuses minutes avant de plonger sur un autre versant.
Nous repartons pour une demi-heure de montée en direction du sommet du Chapotet à 2076 m d’altitude. L’été c’est un alpage où les vaches paissent en semi-liberté. Aujourd’hui, les fils des clotures trainent par terre ; ils vont bientôt être recouverts par plusieurs dizaines de centimètres de neige, en tout cas c’est ce que l’on espère.
Enfin nous appercevons le refuge en contre-bas. Nous descendons sans perdre de temps, le soleil est déjà bas et le froid devient pinçant. Nous poussons la porte en bois, personne à l’intérieur, nous sommes véritablement seuls en montagne.
Tout de suite nous faisons un feu dans le poele pour nous réchauffer. Puis c’est le moment de préparer la fondue savoyarde... Elle sera délicieuse. Nous nous couchons tôt après cette première journée bien remplie. Le froid nous réveillera à deux reprises durant la nuit et à 8 heures nous sommes contents de nous retrouver autour du feu pour un café ou un thé bien chaud.
Le soleil vient rapidement réchauffer le refuge. Dès lors nous pouvons nour remettre en route. Direction le sommet du Grand Chat à 2000 m. C’est sur une magnifique crête ensoleillée que nous progressons à cheval sur deux versants, celui de la Combe Savoie à l’ouest et celui de la Maurienne à l’est. A l’horizon, les sommets enneigés de la Vanoise...
Le retour se fait par le col de la Perche et les refuges des Platières et de la Grande Montagne. Le soir tombe à nouveau sur cette montagne toujours aussi silencieuse et belle que la veille lorsque nous arrivons à la voiture.

Ces deux journées de randonnées et cette nuit en refuge resterons pour nous trois un excellent souvenir. Pendant quelques heures nous avons vécu une vie de trappeurs...
Mis en ligne le jeudi 24 novembre 2005 , par Erwan Le Berre Sans logo .

